Dès que vous achetez des cartes, des sneakers ou des vêtements pour les revendre en live sur Whatnot, vos ventes deviennent imposables. Voici quoi déclarer et sous quel régime (pour savoir si votre activité est professionnelle, lisez d'abord Vendre sur Whatnot : faut-il créer une entreprise ?).
Exercé en nom propre, l'achat-revente est imposé à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Via une société à l'impôt sur les sociétés, c'est la société qui est imposée sur son bénéfice.
Chiffre d'affaires brut ou versements nets ?
C'est l'erreur la plus fréquente : les virements de Whatnot sont nets des commissions et frais retenus par la plateforme, alors que le chiffre d'affaires à déclarer est le montant brut de vos ventes.
L'Urssaf le précise pour les micro-entrepreneurs : aucune charge ne peut être déduite du chiffre d'affaires déclaré, y compris les commissions facturées par les plateformes. Au réel, les commissions sont déductibles, mais en charges : le chiffre d'affaires reste brut.
Gardez donc vos relevés de ventes Whatnot, pas seulement vos relevés bancaires.
Micro-BIC ou régime réel
Le micro-BIC
En micro-entreprise, le chiffre d'affaires annuel se déclare sur la 2042-C-PRO. L'administration applique un abattement forfaitaire de 71 % pour les ventes de marchandises (avec un minimum de 305 €) : vous êtes imposé au barème sur 29 % de vos recettes. Sous conditions de revenus, vous pouvez opter pour le versement libératoire de l'impôt, à 1 % du chiffre d'affaires pour une activité de commerce.
Le régime s'applique aux revenus 2026 tant que le chiffre d'affaires ne dépasse pas 203 100 € deux années de suite.
Le régime réel
Au régime réel, vous êtes imposé sur votre bénéfice effectif. C'est le régime de droit commun au-delà des seuils du micro, et une option en dessous. Il est souvent plus favorable quand les marges sont faibles (boosters scellés, sneakers en édition limitée) : vos charges réelles peuvent alors dépasser l'abattement de 71 %.
Frais déductibles et stock au régime réel
Au régime réel (et dans une société), vous déduisez notamment :
- les achats de marchandises destinées à la revente ;
- les commissions et frais de paiement retenus par la plateforme ;
- les frais d'envoi, emballages, protections pour cartes, étiquettes ;
- le matériel de tournage et d'éclairage, amorti s'il s'agit d'immobilisations ;
- les logiciels, frais bancaires et honoraires comptables.
Attention au stock : les marchandises non vendues à la clôture ne réduisent pas le bénéfice de l'année. Le stock final, valorisé à son coût d'achat, vient diminuer les achats de l'exercice. Un inventaire fiable (référence, date et prix d'achat de chaque article ou lot) est donc indispensable.
La TVA : franchise en base et régime de la marge
La franchise en base
En 2026, la vente de marchandises bénéficie de la franchise en base de TVA tant que le chiffre d'affaires ne dépasse pas 85 000 € sur l'année précédente. Si ce seuil est dépassé, la TVA s'applique au 1er janvier suivant ; si le seuil majoré de 93 500 € est franchi en cours d'année, elle s'applique dès le jour du dépassement. En franchise, vous ne facturez pas de TVA et ne récupérez pas celle de vos achats.
Le régime de la marge
Une fois redevable de la TVA, un revendeur de biens d'occasion, d'objets de collection ou d'antiquité peut calculer la TVA sur sa seule marge (prix de vente moins prix d'achat), sous conditions :
- les biens doivent avoir été achetés à un particulier, à une entreprise en franchise de TVA ou à un revendeur ayant lui-même appliqué le régime de la marge ;
- les biens achetés avec TVA à un fournisseur professionnel (par exemple des boosters neufs auprès d'un distributeur) sont exclus : la TVA s'applique alors sur le prix total, et la TVA d'achat est déductible ;
- les factures doivent porter la mention prévue par les textes, par exemple « Régime particulier – Biens d'occasion ».
Précision utile aux vendeurs de sneakers, publiée par l'administration en août 2026 : un bien acheté neuf par un particulier, jamais utilisé et conservé dans sa boîte, reste un bien d'occasion lorsqu'un revendeur le rachète à ce particulier. Le régime de la marge peut donc s'appliquer à sa revente.
La notion fiscale d'« objet de collection » est en revanche définie de façon restrictive : toutes les cartes à collectionner n'en relèvent pas. La qualification de chaque produit mérite d'être vérifiée. Voir aussi les erreurs de TVA fréquentes.
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Les cotisations sociales
En micro-entreprise, les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires brut encaissé : 12,3 % en 2026 pour la vente de marchandises, plus la contribution à la formation professionnelle. Elles sont déclarées et payées chaque mois ou trimestre à l'Urssaf. Un prélèvement des cotisations directement par les plateformes numériques doit se généraliser au 1er janvier 2027 ; son application à Whatnot reste à confirmer.
Au réel ou en EURL, les cotisations sont calculées sur le bénéfice ou la rémunération du gérant ; en SASU, le président rémunéré est assimilé salarié. Un expert-comptable spécialisé dans les vendeurs Whatnot peut chiffrer ces options sur votre activité réelle.
En résumé
- Les revenus d'achat-revente sur Whatnot relèvent des BIC (ou de l'impôt sur les sociétés en société).
- Le chiffre d'affaires se déclare en brut, avant commissions de la plateforme.
- Micro-BIC : abattement de 71 % ; réel : déduction du stock vendu, des commissions et des frais.
- Franchise de TVA jusqu'à 85 000 € (93 500 € en seuil majoré), puis régime de la marge possible sur les biens d'occasion achetés à des particuliers.
- Au réel, un inventaire précis du stock est indispensable.
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